Les Libanais de RD Congo : arrivés tard, indispensables à Kinshasa
Absente jusqu'aux indépendances, la communauté a bâti en deux générations un rôle économique de premier plan.
La communauté libanaise de République démocratique du Congo est la plus récente d'Afrique. Absente du pays jusqu'aux indépendances, elle y a construit en deux générations une position économique de premier plan, du pain quotidien de Kinshasa au commerce du diamant.
Les deux activités citées illustrent des logiques opposées. La boulangerie relève de la consommation de masse : marges unitaires faibles, volumes considérables, dépendance à la logistique d'approvisionnement en farine importée. Le diamant relève de l'inverse : valeur concentrée, circuits fermés, importance déterminante de la confiance entre intermédiaires.
La présence simultanée sur ces deux segments donne à la communauté une place particulière dans l'économie congolaise, à la fois dans la vie quotidienne des habitants de la capitale et dans un secteur d'exportation stratégique.
La communauté libanaise de République démocratique du Congo est la plus récente d'Afrique.
L'arrivée tardive présente un avantage et un inconvénient. L'avantage tient à l'absence de passif colonial : une communauté installée après 1960 n'est pas associée à l'administration antérieure. L'inconvénient tient à la profondeur d'enracinement, moindre que dans les pays où la présence est centenaire, et aux réseaux locaux plus récents.
La RDC complète ainsi une carte qui va des implantations de la fin du XIXe siècle en Guinée et au Sénégal jusqu'aux installations d'après les indépendances en Afrique centrale.
D’après LibanInfo.
