Conakry, l'une des toutes premières portes de l'Afrique de l'Ouest
Dès 1897, la capitale guinéenne comptait plus de Libanais que Dakar.
On associe volontiers l'aventure libanaise en Afrique de l'Ouest au Sénégal ou à la Côte d'Ivoire. L'une des toutes premières implantations s'est pourtant nouée à Conakry : dès 1897, la ville comptait plus de Libanais que Dakar.
Cette antériorité s'explique par la géographie économique de l'époque. La Guinée produisait du caoutchouc et des arachides, et le commerce de traite reposait sur des intermédiaires capables de collecter la production auprès de petits producteurs dispersés puis de l'acheminer vers les comptoirs d'exportation. Les nouveaux arrivants ont occupé cette fonction, que les maisons de commerce européennes n'assuraient pas directement.
Le modèle qui se met en place à Conakry se retrouve ensuite ailleurs sur la côte : implantation dans les bourgs de l'intérieur, avance de crédit aux producteurs contre livraison de la récolte, puis remontée progressive vers l'import de produits manufacturés.
On associe volontiers l'aventure libanaise en Afrique de l'Ouest au Sénégal ou à la Côte d'Ivoire.
La suite de l'histoire guinéenne a été plus heurtée que celle des pays voisins. L'indépendance de 1958 et les orientations économiques qui l'ont suivie ont conduit à des nationalisations et au départ d'une partie de la communauté, ce qui explique que la présence libanaise y soit aujourd'hui moins nombreuse qu'au Sénégal ou en Côte d'Ivoire malgré une installation plus précoce.
Cette antériorité oubliée rappelle que la carte actuelle des communautés ne reflète pas l'ordre dans lequel elles se sont constituées.
D’après LibanInfo.
