Notre-Dame du Liban à Harissa, le symbole que tous les Libanais se partagent
Perchée à 650 mètres au-dessus de Jounieh, la Vierge de bronze est devenue en un siècle l'un des rares repères communs à un pays qui en compte peu.
Il faut monter. Depuis la baie de Jounieh, la route lace jusqu'à 650 mètres, ou le téléphérique remonte la pente au-dessus des toits. Au sommet, une statue de bronze peinte en blanc, les bras ouverts vers la mer : Notre-Dame du Liban, à Harissa. LibanInfo y consacre un texte à l'occasion de l'Assomption.
Le sanctuaire date du début du XXe siècle. Ce qui s'y est joué depuis dépasse largement l'histoire d'un lieu de pèlerinage. Dans un pays fragmenté entre dix-huit communautés reconnues, où presque chaque symbole appartient à un camp, Harissa fait figure d'exception. Le site attire des visiteurs de toutes confessions, y compris musulmanes, la figure de Marie occupant une place propre dans l'islam.
Cette fréquentation partagée n'est pas anecdotique. Elle explique pourquoi la statue est devenue une image nationale plutôt qu'un emblème confessionnel, reproduite sur les murs, les tableaux de bord et les cartes postales, y compris par des gens qui n'y voient pas d'abord un objet religieux.
Depuis la baie de Jounieh, la route lace jusqu'à 650 mètres, ou le téléphérique remonte la pente au-dessus des toits.
Pour la diaspora, Harissa occupe une place particulière. C'est souvent l'un des premiers lieux où l'on emmène les enfants nés à l'étranger lors d'un retour au pays, moins pour la dévotion que pour la vue : de là-haut, on voit la côte, la baie, la montagne, tout le paysage en une fois. Le site sert de raccourci pour montrer le Liban à ceux qui ne le connaissent pas.
L'Assomption, le 15 août, est le point culminant de l'année pour le sanctuaire. C'est aussi, en France, le cœur des vacances, période où beaucoup de familles franco-libanaises se trouvent précisément au Liban. La coïncidence du calendrier fait de cette date l'un des rares moments où la communauté d'ici et celle de là-bas se retrouvent au même endroit.
Un siècle après son érection, la statue continue de faire ce que font les symboles efficaces : offrir un point de ralliement à des gens qui ne s'accordent pas sur grand-chose d'autre. Dans le cas libanais, c'est déjà considérable.
D’après LibanInfo.


