Le 1er septembre 1920, la France proclamait le Grand Liban
Il y a 106 ans, le général Gouraud proclamait l'État du Grand Liban depuis la Résidence des Pins. Ces frontières sont celles d'aujourd'hui.
Le 1er septembre 1920, depuis le perron de la Résidence des Pins à Beyrouth, le général Henri Gouraud proclamait l'État du Grand Liban. Les frontières dessinées ce jour-là sont exactement celles que le Liban défend aujourd'hui, du Litani au sud jusqu'à l'Anti-Liban à l'est.
L'acte a consisté à élargir le territoire de l'ancienne moutassarrifiya du Mont-Liban, entité autonome sous l'Empire ottoman, en y adjoignant Beyrouth, Tripoli, Saïda, Tyr, la plaine de la Bekaa et le Akkar. Cet élargissement répondait à une demande d'une partie des élites maronites, qui jugeaient le Mont-Liban économiquement non viable dans ses limites étroites, dépourvu de port et de plaine céréalière.
Il a en même temps transformé la composition démographique du nouvel État, en y intégrant des populations sunnites, chiites et grecques-orthodoxes nombreuses, dont une partie ne se reconnaissait pas dans le projet. Cette tension entre viabilité économique et cohésion politique traverse l'histoire libanaise depuis lors.
Le 1er septembre 1920, depuis le perron de la Résidence des Pins à Beyrouth, le général Henri Gouraud proclamait l'État du Grand Liban.
La permanence de ces frontières est le fait remarquable. Dans une région où les tracés issus des mandats ont été contestés, redessinés ou effacés, celui de 1920 a résisté à la guerre civile, aux occupations successives et aux conflits régionaux.
La Résidence des Pins, où la proclamation a été lue, demeure la résidence de l'ambassadeur de France au Liban, continuité symbolique dans une relation dont la déclaration franco-saoudienne de cette semaine a rappelé l'actualité.
D’après LibanInfo.
