Le processus de retrait israélien au sud du Liban s'annonce long et incertain
Alors que des négociations se tiennent à Rome sous l'égide américaine, Walid Joumblatt craint que la libération totale du territoire n'exige encore plusieurs décennies de patience.

Les discussions diplomatiques pour la stabilisation du Liban Sud franchissent une nouvelle étape en Italie, sans pour autant dissiper les doutes sur un retour rapide à la souveraineté nationale. Depuis hier, des délégations libanaises et israéliennes participent à Rome à un septième cycle de négociations sous la médiation des États-Unis. L'objectif est de concrétiser l'accord-cadre signé à Washington le 26 juin dernier, lequel prévoit un retrait progressif des forces israéliennes en échange d'un déploiement sécuritaire libanais.
Le plan actuel repose sur la mise en place de zones pilotes. Dans ce schéma, l'armée libanaise doit reprendre position dans des secteurs évacués par Israël, à la condition sine qua non d'un désarmement du Hezbollah. Pour les familles de la diaspora installées en France, ce processus est crucial car il conditionne non seulement la sécurité de leurs proches restés sur place, mais aussi la perspective d'un retour ou de projets d'investissement dans leurs villages d'origine.
Un bilan de terrain encore fragile
Malgré l'existence de cet accord, la réalité sur le terrain demeure complexe et contraste avec les espoirs diplomatiques. Si l'armée libanaise a effectivement réussi à regagner une localité, l'État hébreu maintient une présence active dans une partie du sud du pays. Selon les informations rapportées par RFI Liban, des opérations de dynamitage ont encore été menées par les forces israéliennes ces derniers jours, illustrant la poursuite des activités militaires.
Depuis hier, des délégations libanaises et israéliennes participent à Rome à un septième cycle de négociations sous la médiation des États-Unis.
Invité à s'exprimer sur cette situation, Walid Joumblatt, ancien député et figure centrale du Parti socialiste progressiste, a partagé un constat particulièrement sombre. Selon lui, le retrait total d'Israël pourrait ne pas aboutir avant plusieurs dizaines d'années. Cette lecture pessimiste souligne le fossé entre les engagements signés à Washington et les défis opérationnels liés à l'influence du mouvement chiite pro-iranien dans la région.
Les enjeux pour la communauté en France
Pour les Libanais d'Île-de-France, cette lenteur diplomatique prolonge une période d'incertitude majeure. L'accord de juin représentait un espoir de stabilisation durable, mais l'enlisement craint par Walid Joumblatt suggère que les démarches de reconstruction et le rétablissement de l'autorité étatique au Sud resteront des sujets de préoccupation pour les années à venir. La communauté suit de près ces cycles de discussions, consciente que chaque avancée à Rome influe directement sur le climat social et économique du pays du Cèdre.
D’après RFI Liban.



