Le Liban abolit officiellement la peine de mort après des années de combat
Le Parlement libanais a voté mardi la fin de la sentence capitale, régularisant une situation de fait puisque aucune exécution n'avait eu lieu depuis l'année 2004.

La Chambre des députés a franchi une étape historique ce mardi en votant à la majorité l’abolition de la peine de mort au Liban. Cette décision législative vient clore un long processus de plaidoyer entamé par les militants de la société civile dès les années 1990. Pour la communauté libanaise installée en France, cette nouvelle marque une évolution significative de l'image internationale du pays du Cèdre, alignant davantage ses standards juridiques sur les normes européennes et internationales.
Bien que le Liban n’ait pas appliqué la peine capitale depuis plus de vingt ans, la menace restait techniquement inscrite dans le code pénal. Selon les informations rapportées par Le Monde Liban, environ 85 condamnés à mort se trouvent actuellement dans les prisons du pays. Ce vote transforme radicalement leur situation juridique, alors que le système carcéral libanais traverse une crise profonde. Pour les familles franco-libanaises, cette réforme est perçue comme un signe de modernisation, même si elle ne résout pas l'ensemble des problématiques structurelles de l'appareil judiciaire.
Un alignement sur les valeurs internationales
L'abolition est le fruit d'un engagement de longue date de la part de la société civile libanaise. En officialisant cet abandon, le Liban rejoint le cercle des nations ayant renoncé à ce châtiment, une thématique souvent centrale dans les débats sur les droits de l'homme en France. Pour les expatriés, ce changement facilite le dialogue institutionnel entre Beyrouth et Paris, notamment concernant les accords de coopération judiciaire et les valeurs démocratiques partagées.
La Chambre des députés a franchi une étape historique ce mardi en votant à la majorité l’abolition de la peine de mort au Liban.
Des défis persistants pour la justice
Toutefois, cette avancée reste largement symbolique au regard de l'état actuel de la justice libanaise. Si l'exécution est désormais proscrite, les observateurs soulignent que les dysfonctionnements majeurs du système judiciaire demeurent inchangés. Pour les Libanais de France qui suivent de près la situation de leurs proches ou de leurs intérêts au pays, la question de l'indépendance des magistrats et de la lenteur des procédures reste une préoccupation majeure qui dépasse le seul cadre de la sentence capitale. Cette réforme est donc accueillie comme un premier pas nécessaire, mais insuffisant pour restaurer une confiance totale dans les institutions du pays.
D’après Le Monde Liban.



